L'essentiel à retenir

  • La nationalité française est obligatoire pour le concours de gardien de la paix, comme pour tous les emplois de souveraineté.
  • Les binationaux peuvent candidater sans restriction : seule compte la nationalité française.
  • Une naturalisation en cours ne suffit pas : la nationalité doit être acquise au plus tard à la date fixée par l'arrêté d'ouverture (en pratique, avant la nomination).
  • Les ressortissants de l'UE non français ne peuvent pas devenir gardiens de la paix, contrairement à d'autres corps de la fonction publique.

Ce que dit la règle

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Le concours de gardien de la paix est réservé aux personnes possédant la nationalité française. C'est une constante de tous les emplois dits « de souveraineté » : les fonctions qui participent à l'exercice de prérogatives de puissance publique — porter une arme, interpeller, constater des infractions — sont réservées aux nationaux.

Texte de référence

L'article 5 de la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 (désormais codifié au code général de la fonction publique, art. L. 321-1 et suivants) pose la condition de nationalité pour la fonction publique, et les corps actifs de la Police nationale font partie des emplois non ouverts aux ressortissants européens (art. L. 321-2, a contrario).

Concrètement, au moment de l'inscription, vous attestez posséder la nationalité française ; l'administration le vérifie ensuite via votre état civil.

Binationaux : aucune restriction

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Si vous êtes franco-marocain, franco-turc, franco-canadien ou binational de toute autre combinaison, vous remplissez la condition : la France ne vous demande pas de renoncer à votre autre nationalité, et le droit du concours ne fait aucune différence entre un Français mononational et un binational.

Deux précisions utiles, issues de la pratique :

  • L'enquête administrative peut s'intéresser à vos attaches à l'étranger comme à n'importe quel élément d'environnement. Des séjours réguliers dans votre pays d'origine n'ont rien de suspect ; l'enquête cherche des liens avec la délinquance ou des activités incompatibles, pas des origines.
  • Certaines affectations très spécifiques (renseignement, protection de hautes personnalités) peuvent donner lieu à des habilitations plus poussées où les attaches étrangères sont examinées de plus près. Cela concerne des étapes de carrière lointaines, pas le concours.

Naturalisation : le bon timing

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La nationalité doit être acquise au moment où vous candidatez. Trois situations types :

Votre situation Pouvez-vous candidater ?
Décret de naturalisation publié Oui — vous êtes français à part entière dès la publication
Dossier déposé, en cours d'instruction Non — attendez le décret ; inscrivez-vous à la session suivante
Déclaration par mariage enregistrée Oui — la déclaration enregistrée vaut acquisition de la nationalité

Conseil PrépaForce

Si votre naturalisation est en cours, mettez ce temps à profit : la préparation sportive et la culture générale se travaillent des mois à l'avance. Le jour où le décret paraît, vous serez prêt à candidater à la session suivante sans perdre un semestre.

Et la Journée défense et citoyenneté ?

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La condition de nationalité va de pair avec la régularité au regard du service national : tout candidat français doit justifier de sa participation à la JDC (Journée défense et citoyenneté, ex-JAPD). Cas fréquents :

  • Vous avez été naturalisé après 25 ans : vous n'étiez pas soumis à l'obligation de JDC — une attestation de situation suffit ;
  • Vous avez entre 17 et 25 ans et n'avez pas encore fait votre JDC : l'attestation provisoire de recensement permet l'inscription, mais régularisez vite via majdc.fr ;
  • Vous avez égaré votre certificat : demandez un duplicata en ligne, les délais sont de quelques semaines.

En résumé

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La condition de nationalité est binaire : française = oui, sinon = non, sans aménagement possible. Si vous la remplissez, passez à la vérification suivante — le diplôme — ou revenez à la vue d'ensemble des conditions.

Questions fréquentes

Je suis binational franco-algérien, puis-je passer le concours ?

Oui, sans aucune restriction. Dès lors que vous possédez la nationalité française, votre seconde nationalité n'est pas un obstacle juridique au recrutement. Elle peut simplement être mentionnée dans le cadre de l'enquête administrative, comme tout élément d'environnement, sans caractère bloquant.

J'ai déposé un dossier de naturalisation, puis-je m'inscrire en attendant ?

Non : l'inscription exige d'attester que vous possédez déjà la nationalité française. Un dossier en cours d'instruction ne vaut pas nationalité. Attendez le décret de naturalisation avant de candidater — les sessions étant semestrielles, l'attente est rarement longue à l'échelle d'un projet professionnel.

Un citoyen européen (Belge, Portugais…) peut-il devenir policier en France ?

Pas gardien de la paix. La Police nationale relève des emplois de souveraineté réservés aux nationaux (défense, justice, police, diplomatie…). Un ressortissant européen peut en revanche accéder à d'autres corps de la fonction publique française non régaliens, ou envisager une naturalisation préalable.

Mon conjoint est étranger : est-ce un problème pour l'enquête administrative ?

Non en principe. L'enquête administrative s'intéresse à votre comportement et à votre environnement au regard de la sécurité (fréquentations en lien avec la délinquance, par exemple), pas à la nationalité de votre conjoint en tant que telle.